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[ECHEC] Legreener, récit d’un plantage #startup

on septembre 25 | in Mes erreurs | by | with 6 Comments

Voici la 2ème partie de l’interview d’Aymeric Chanteloup (1ère partie à retrouver ici).

Sylvain : Legreener, c’était quoi ?

Aymeric : La démocratisation du Développement Durable par un moyen ultra consommateur ! Un grand rêve candide !
J’ai donc créé en 2011 LEGREENER, un site d’achat groupé spécialisé dans les produits et services bio (d’aucuns diraient un Groupon BIO). Une aventure extraordinaire qui m’a fait comprendre que malgré ce par quoi j’étais passé, il me restait tant à apprendre ! Nous étions le premier site d’achat groupé en France à se lancer dans cette niche.
Les critères d’une telle entreprise étaient la réactivité, ainsi que les moyens mis en œuvre ; en gros : la course à celui qui est présent partout avec les meilleures offres. C’est pour cela que j’ai embauché pas mal de salariés dès le début de l’aventure.

Pour ceux qui sont désireux d’en savoir plus, voici une interview par Widoobiz :

Sylvain : Pourquoi cette idée ? Et comment est-elle née ?

Aymeric : Pendant 10 ans, j’ai développé de multiples projets, mis sur papier des centaines d’idées, mais jamais vraiment concrétisés pour moi même. Il fallait que cela change, une petite voix à l’intérieur me criait déjà : « Lance-toi ! Essaie ! Arrête de créer pour les autres ! ».
En 2010, alors que j’étais en Master 2, mon meilleur ami qui vit au Brésil me parle de GROUPON et de son business model innovant. Une porte s’ouvre alors et je décide, aussi pour des raisons personnelles, de me lancer enfin !
J’avais un moyen innovant et non marginalisé d’intégrer une démarche éthique dans un processus ultra consommateur. J’ai donc adapté le business model de Groupon pour le rendre viable, éthique et responsable.

Présentation de Legreener

Sylvain : Peux-tu nous raconter les pivots (changements) que tu as effectués pour trouver ton marché ?

Aymeric : A l’origine du projet, une idée : utiliser internet et le comportement pragmatique des consommateurs pour promouvoir certains acteurs responsables qui étaient marginalisés dans cette société de consommation. Une telle adaptation du modèle économique de Groupon fut une évidence, car j’avais déjà développé nombre de projets éthiques et alternatifs pour d’autres sociétés. Mais il fallait trouver un compromis car nous étions les pionniers de l’achat groupé bio, et en tant que tel nous faire une place sur le marché se révélait difficile, voire extrêmement difficile. Un ensemble de moyens furent donc mis en œuvre en parallèle du site pour créer une communauté responsable, que nous animions, en nous rapprochant autant que possible des acteurs connus dans cette philosophie.
Mais Internet, c’est une concurrence acharnée, injuste et très réactive. On ne tardait pas à se brouiller avec des acteurs concurrents, car nous dénoncions ouvertement leur manière de faire, qui nous semblait non-éthique et non-efficiente. D’ailleurs, on peut voir aujourd’hui que l’achat groupé tel que nous l’avons connu a totalement dégringolé…

J’ai vite compris que se battre contre des grosses sociétés, qui plus est avec une philosophie plus agressive que la mienne, n’était pas viable. Après 7 mois d’activité, j’ai lancé parallèlement au site Legreener.fr le projet d’export de vin bio en Chine, mais me suis vite rendu compte qu’il était plus simple de vendre aux professionnels à proximité.

Quand quelques mois après je décidais d’arrêter définitivement l’achat groupé, cette seconde activité fut pour ma société une aubaine et une raison de ne pas la fermer.

Restructuration oblige, je me séparais d’une partie de mon personnel, et prenais le challenge avec ma jeune équipe mais très motivée, de se lancer dans un secteur que nous ne maitrisions pas. J’ai intégré un associé qui m’a apporté les connaissances du marché qui nous manquaient. Ce fut globalement une réussite, car nous allions vite, et étions très ambitieux. Nous avons d’ailleurs créé un site de vente en ligne de vin pour les particuliers dans la foulée.

Mais le nerf de la guerre nous manquait, et après quelques mésaventures en interne, je décidais de me séparer de tout mon personnel, de mon associé et de tenter de sauver les meubles malgré les dettes conséquentes de la société.

Pendant 1 an, j’ai travaillé d’arrache pied pour ne pas liquider Legreener, préférant miser sur une politique de la tortue (se replier sur soi même, se fixer un unique objectif et avancer pas à pas malgré tous les obstacles). Depuis quelques mois, je réalise en parallèle des missions ponctuelles de consulting dans des PME ou sur des projets naissants, en stratégie, changement organisationnel, et gestion de projet innovant tant sur le plan économique qu’informatique. Cette activité est devenue pour moi un moyen de mettre en valeur toutes les leçons apprises à la dure tout au long de mon aventure.

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6 Responses

  1. Renaud dit :

    Hello à vous 2, et donc welcome à aymeric 😉

    Merci pour ce retour d’expérience toujours intéressant, même si je trouve que ça manque un peu d’explications et de détails (probablement voulu)… J’aurais bien aimé (sans rentrer dans le sordide ou le trop affectif) connaître les raisons et l’analyse des pivots successifs et surtout comprendre la fin brutale de l’aventure : le manque d’energie pour continuer ?le manque de tréso ? La fin des convictions sur l’adequation potentiel vs marché ?

    Bref aymeric, si un jour tu veux bien revenir plus en détail sur cette expérience 😉 je te rassure je ne demande pas d’etre aussi exhaustif que l’ami Guilhem…

    En tout cas au delà du drame qu’on a tous plus ou moins déjà vécu, content que tu en ressorte un peu plus aguerri et un peu plus fort pour mener d’autres combats ! May the force be with entrepreneurs 😉

  2. Aymeric Chanteloup dit :

    Bonjour Renaud,

    Effectivement les détails de cette épopée restent volontairement vagues, pour une première présentation, je ne voulais pas faire un roman, mais certains points pourront faire l’objet d’articles spécifiques.
    Pour te répondre rapidement sur la phase brutale où je me suis mis seul, manque de trésorerie suite à un refus de prêt et inadéquation comportementale entre associés, avec un bon zeste de surmenage ne font pas bon ménage au plus fort d’un développement d’activités.
    J’avais deux réactions logiques, me mettre en liquidation ou diminuer toutes les contraintes au maximum. J’ai choisi la deuxième option.
    Pour les pivots, je pense faire un article spécifique dessus, tant dans l’activité e-commerce que pour le négoce de vin.

    Merci pour ton intérêt et ta réactivité 🙂

  3. […] Suite et fin de l’interview d’Aymeric Chanteloup (présentation ici et récit de l’aventure ici). […]

  4. […] Dans mon dernier article, j’expliquais certains points des mésaventures passées de ma première société. A la demande de certains, il est temps de revenir un peu plus en détail dessus. […]

  5. […] Voici la 2ème partie de l'interview d'Aymeric Chanteloup (1ère partie à retrouver ici). Sylvain : Legreener, c’était quoi ? Aymeric : La démoc  […]

  6. […] semaines après, je découvre un article sur le blog de Sylvain Tillon, « [ECHEC] Legreener, récit d’un plantage #startup ». Sous la forme d’une interview, le créateur de Legreener revient rapidement sur les […]

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