l'entrepreneur et le paresseux

[DEBAT] Pourquoi les jeunes ne créent pas ? Retour d’expérience…

on octobre 8 | in Mes conseils | by | with 1 Comment

Il y a 10 ans, quand j’ai créé Lucyf’Hair, les jeunes créaient assez peu pour les raisons suivantes :
– sujet non traité à l’école (secondaire ou post-bac),
– pas d’idée,
– pas d’argent,
– pas de compétence.

Si nous ne pouvions pas faire grand chose pour le 1er point (il s’agit plutôt d’un sujet à traiter par les instances politiques), nous voulions combattre les 3 autres points qui nous semblaient être des préjugés sur le sujet. C’est d’ailleurs pour cette raison que nous avions réalisé la BD Lucy et Valentin.
Pour l’anecdote, le déclic avait eu lieu en 2005, lors d’une intervention à l’université. Nous avions demandé : « Que voulez-vous faire plus tard ? ». Et je me souviens qu’une étudiante un peu timide, au fond de la salle, avait répondu : « Bah, les professeurs nous ont dit que salarié, c’était dangereux, alors moi je veux être fonctionnaire ! ».
Grosse claque.
Ensuite, avec Guilhem Bertholet, on devait enchaîner 2 heures sur la création d’entreprise…

Dernièrement, j’ai réalisé plusieurs animations de sensibilisation à la création d’entreprise dans le cadre du Programme Lycée initié par KPMG. Je me suis retrouvé pendant 2 heures face à une vingtaine de lycéens en Bac Pro Compta pour leur expliquer ce qu’est une aventure entrepreneuriale et essayer de leur faire ressentir ce que c’est.

Je construis majoritairement mon intervention sur les étapes de la BD Lucy et Valentin (qui est distribuée à chacun des lycéens) et sur l’histoire de Lucyf’Hair. Cela permet aux jeunes de m’aider à trouver des solutions marketing, à mettre en place un service qualité… pour répondre aux nombreuses problématiques (production, distribution, développement) rencontrées !

Avant de démarrer cette intervention, je pose toujours la même question : « Avez-vous envie de créer une entreprise, un jour ? ».
Et depuis toujours, le nombre de mains levées est très bas, de 1 à 2 lycéens par classe en moyenne (quand ce n’est pas 0). J’enchaîne avec : « Quelles sont les raisons qui ne vous donnent pas envie de créer ? ».
Et c’est là que ça fait peur. Les principales réponses sont les suivantes :
– ça demande TROP de travail (partagée par plus de la moitié de la classe),
– pas envie d’être chef,
– TROP de responsabilités.

COMMENT A-T-PU EN ARRIVER LÀ ????
Parce que devant de tels retours, je reste un peu sans voix.

Le pire, c’est que je suis assez d’accord avec ces 3 réponses.
TROP de travail : c’est sûr qu’on ne compte pas son temps quand on est entrepreneur… Mais on aime ça ! Alors ce n’est jamais trop ☺
Être chef : ce n’est pas facile tous les jours. Il y a certaines décisions complexes à prendre quotidiennement (licenciement, rupture d’un contrat, investissement…). Mais c’est aussi la possibilité de faire ses propres conneries et de ne pas être affecté par celles de son chef !
TROP de responsabilités : c’est proche du point précédent, mais c’est aussi vrai pour un cadre dans une entreprise. Aujourd’hui, la pression des chiffres est forte pour tous ou presque.

Malgré cela, c’est génial d’être entrepreneur !!!
Alors comment susciter l’envie des nouvelles générations ? Cette envie est-elle bridée par notre modèle d’éducation qui n’incite pas à la créativité ni à la prise d’intiative ? Les médias diffusent-ils une image erronée ? Ou, nous, les entrepreneurs, communiquons mal ?

Quoiqu’il en soit, cela ne m’empêchera pas de continuer à réaliser ces interventions et à être convaincu qu’il est possible de prendre sa vie en main en entreprenant et que c’est un super choix de vie !

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One Response

  1. Antoine HS dit :

    Merci pour l’article Sylvain 🙂

    Effectivement, sorti d’une certaine catégorie sociale (Business school-écoles d’ingés) qui a accès à des exemples hors du pays, c’est assez inhabituel de rencontrer des entrepreneurs dans l’âme en France. Pour moi, la source est orientée « réputation – média » : nous ne créons pas suffisamment, dans les médias, de role models pouvant inspirer les plus jeunes générations. Ce n’est, à mon avis, pas un hasard si les régions les plus entrepreneuriales (US, UK, Israel, voir Berlin) ont octroyé aux entrepreneurs à succès le statut de Rock star : émissions dédiées (et je ne parle pas d’Envoyé Spécial ou Capital), magasines people, biographies, films, etc.
    Ce n’est pas un secret, un pays est considéré comme une grande nation de n’importe quel type d’activité à partir du moment où une génération exceptionnelle inspire les générations suivantes. C’est vrai dans le sport (« pourquoi l’Allemagne n’est pas forte au Rugby ? » est finalement une question assez proche de « pourquoi la France n’a pas d’entrepreneurs ? » 🙂 ), c’est vrai dans l’entrepreneuriat. Tous les arguments de charge de travail et responsabilités tombent lorsque le jeu en vaut la chandelle, et pour que ce soit le cas il faut « pailletiser » l’entrepreneur dans notre pays sur les médias grands publics. Ce n’est même pas une question de culture, c’est une question de première fois.

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