Power is in my hands

[PROVOC] Plus on est diplômé, plus on a de chance de planter sa #startup (en 8 arguments)

on octobre 10 | in Mes conseils | by | with 7 Comments

Ce n’est que mon avis. Je n’ai pas de statistique officielle sur le sujet. Mais pour avoir eu la chance d’être diplômé d’une grande école et pour avoir magnifiquement réussi à planter ma première boîte, voilà mes arguments :

1) On n’a jamais connu de grosses difficultés à l’école (ou rarement)
Jusqu’ici tout a été facile ou presque. On n’a jamais connu de grosses difficultés scolaires.
Alors, créer une entreprise, c’est un peu comme un exercice, on devrait y arriver vu qu’on n’est pas trop con.
=> Malheureusement, réussir une entreprise et réussir à l’école sont deux choses totalement différentes. Et fort heureusement pour ceux qui ont eu un parcours scolaire compliqué ! Pour les autres, un peu d’humilité ne nous ferait pas de mal…

2) On est spécialiste du Business Plan
Alors, ça, on sait faire ! On se triture le cerveau, on rédige des pages et des pages. On imagine de multiples scénarii de développement. On fait évoluer son projet en fonction des rencontres, toujours sur le papier. Par contre, quand il s’agit de passer à l’action, de se déplacer chez les clients et de se sortir les doigts du cul, il n’y a plus personne !!!
=> On ferait mieux de s’inspirer des méthodes de Lean Startup qui poussent à l’action, qui obligent à tester, à faire évoluer, à re-tester… jusqu’à trouver la bonne formule.

3) On réfléchit à une stratégie à 3-5 ans alors qu’il faut aussi réfléchir à 3-5 jours
Quand on sort d’une grande école, on est un spécialiste du Powerpoint. Et on fait des plans sur la comète pour devenir millionnaire (ou milliardaire pour les plus ambitieux) à 3-5 ans. Cela passe par l’embauche de nombreux collaborateurs, une forte structuration de la boîte, une segmentation assez fine des produits, une levée de fonds…
=> Malheureusement, peu de startups passeront le cap des 24 mois. Il ne faut pas oublier que la stratégie à 3-5 jours est aussi très importante si on veut passer les 3 ans !

4) On a pour objectif de lever des fonds !
Eh oui, cela fait « classe » d’avoir levé des fonds. Mais pour faire quoi ? Et combien de temps va-t-on y passer (au détriment de quoi ?) ?
Avec notre super réseau, il n’est pas difficile de trouver des investisseurs téméraires et fortunés. Mais on a souvent perdu beaucoup de temps à aller les conquérir…
=> Réussir une levée de fonds n’est pas un objectif en soi (ou cela ne devrait pas l’être).
De plus, si on a de chiffres à présenter et une stratégie est claire, moins la négociation sera longue. Alors, et si on les laissait venir à nous ?

5) On a étudié les meilleures stratégies marketing mais on n’a jamais appris à vendre
Je me souviens que je rêvais qu’une grande star porte mes bijoux pour cheveux Lucyf’Hair. D’abord, la GRANDE chanteuse Priscilla les a portés dans un magazine (SUPER)… mais sans grand succès. Surtout qu’on ne trouvait pas les produits en magasins. Idem pour Eva Longoria qui a porté un de nos bijoux pour son mariage… Mais nous n’avons jamais su le valoriser ! Et comme il était très difficile de trouver nos produits, cela n’a eu aucun effet.
=> Et si on faisait les 2 en même temps ? Développer son marketing en même temps que ses ventes ? Faguo est pour moi un exemple sur le sujet. Lors d’une visite dans leurs locaux, il y avait une carte de France avec plus de 100 punaises… qui représentaient chacun de leurs distributeurs, et cela au bout de 10 mois !

6) On a appris à limiter les risques en s’entourant de spécialistes (experts-comptables, avocats…)
On calcule super bien les risques. Alors on essaie constamment de les limiter au maximum. Certains s’arrêtent à ce stade et ne créent jamais… D’autres s’entourent de spécialistes onéreux. Par exemple, au début de Lucyf’Hair, mon très bon expert-comptable coûtait 3.500€/an (pour 100k€ de CA) ! Un peu cher, non ?
=> Il faut apprendre à avancer sans tout maîtriser. Les choses se mettront en place au fur et à mesure… Et il faut limiter ses coûts (plutôt que ses risques) au maximum !!!

7) La pression sociale est encore + forte
Tous nos copains sont auditeurs, consultants, responsables marketing dans des groupes B2C… Et tous gagnent beaucoup d’argent ! En apparence, ils s’éclatent, ils sont beaux, ils ont un appart et profitent de magnifiques vacances. Alors, vous, petit entrepreneur qui peine à décoller malgré tous vos efforts, c’est dur de supporter la comparaison !
Anecdote perso : Quand je retrouvais des camarades de mon école sur Paris, la 1ère question était souvent : « Combien tu gagnes ? ». Et je faisais tout pour esquiver. Aujourd’hui, ça a changé, c’est plutôt : « Es-tu heureux ? ». Et là, je m’en sors pas trop mal ☺
=> Impossible de lutter contre cette pression sociale sauf à se rapprocher d’autres entrepreneurs et d’avoir un caractère optimiste !

8) On a un parachute (notre diplôme)
Au pire, si je me plante, il se passe quoi ?
Dans les faits, je retrouverai très facilement un job. Les expériences entrepreneuriales sont plutôt bien vues par les recruteurs. Elles sont même valorisées !
Donc ce n’est pas trop grave si ma boîte se plante…
=> Limiter les risques (avec un diplôme) limite la capacité à innover ou à s’arracher. C’est une chance d’avoir ce diplôme pour rebondir en cas d’échec, mais il ne faut surtout pas le voir comme un parachute…

Conclusion : Le diplôme ne conditionne en rien la réussite d’un porteur de projet. C’est parfois même le contraire (cf mes 8 arguments). Néanmoins, il serait intéressant d’enseigner des notions d’entrepreneuriat dès le plus jeune âge. Et de ne pas faire croire qu’il faut être multi-diplômé pour créer !

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7 Responses

  1. Tu as fait quelle école ?

    Les ingénieurs sont plutôt mauvais pour ce qui est création de boite (ils veulent tout faire parfaitement alors qu’au début il ne faut penser qu’à vendre – on peut pas leur en vouloir en même temps ils font comme on leur a appris).

    Sinon les diplômés de grandes écoles de commerce sont en général très bons (je connais plusieurs HEC qui cartonnent).

  2. Dorian dit :

    Très intéressant ton article, j’ai moi aussi eu la chance de faire un MBA à Euromed à seulement 28 ans … Depuis j’essaye de créer, et j’y arrive mais je suis incapable de mettre en oeuvre.

    La reflexion est là, l’action beaucoup moins

  3. PouetPouet dit :

    Si votre conclusion est bonne, le titre ne l’est pas. Déjà, le premier argument est un non-argument à mon sens : « on n’a jamais connu de difficultés à l’école », en quoi cela est-ce un argument qui appuie l’idée que plus on est diplômé, plus on a de chances de se planter ? Entre deux personnes de même intelligence dont l’une a des diplômes, je ne vois pas pourquoi elle aurait plus de chances de se planter en entrepreneuriat, juste parce qu’elle n’a pas connu l’échec. En quoi est-ce un handicap dans la réussite ? Au mieux, cette personne n’a pas plus de chances de réussir, pas MOINS de chances de réussir : elle a quelque chose de peut-être pas utile, pas quelque chose en moins !

    • Hello PouetPouet,

      Merci pour ton commentaire 🙂
      Selon moi, si on n’a pas connu l’échec, on n’a pas éprouvé sa capacité de résilience !
      Dans les premiers mois, le diplôme peut être assez handicapant…

  4. Edouard HAAG dit :

    Très bon article. Etant moi-même diplômé d’une grande école et entrepreneur, je pense aussi qu’il faut réussir à déconstruire tout ce que nous avons appris, sans pour autant l’oublier. Il faut réussir à faire le grand écart entre le niveau d’abstraction enseigné, et souvent nécessaire, et le niveau de détails qu’exige la fonction d’entrepreneur, qui doit avoir les mains dans le cambuis.

  5. […] Ce n’est que mon avis. Je n’ai pas de statistique officielle sur le sujet. Mais pour avoir eu la chance d’être diplômé d’une grande école et pour avoir magni (Le diplôme, facteur d'échec dans l'entrepreneuriat ?  […]

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