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[CONFESSIONS INTIMES] Mes 5 plus grosses erreurs de financier débutant

on mai 28 | in Mes erreurs | by | with No Comments

Depuis tout petit, j’adore les chiffres ! Au lycée et en prépa, j’adorais les maths.
Pourtant, les cours de finance à EMLyon m’ont profondément ennuyé…
Je me souviens même d’un cours de finance entrepreneuriale où le cas sur lequel nous devions bosser était celui d’une entreprise qui fait 2,5 millions d’euros la première année. Pas très crédible…
Et l’enseignant ne connaissait pas la possibilité de déclarer sa TVA tous les 3 mois (pour les entreprises qui font moins de 234k€ de CA) ni le décalage de 45j pour le paiement des charges URSSAF. Un peu inquiétant.

Donc j’ai appris sur le tas. Et si j’aime ça, ça ne m’a pas empêché de faire de jolies boulettes !
En voici un florilège :

1) Faire confiance à ma banquière
Ma plus belle.
En février 2008, nous recevons une commande de L’Oréal pour 325k€ de bijoux pour cheveux. Livraison : avril. Nous avions demandé un acompte à L’Oréal pour financer les 1ers achats « cash » (notamment les strass Swarovski).
Cependant, pour le règlement final, étant donné notre santé financière fragile, nos fournisseurs nous ont imposé un règlement « à la livraison ». Or L’Oréal payait à 90j après livraison (délai non négociable).
Je suis donc allé voir ma banquière avec la commande de L’Oréal, je lui ai expliqué la situation. Pas de problème pour elle, il suffisait de lui envoyer le bon de livraison signé par L’Oréal pour qu’elle avance 70% de la somme due par L’Oréal. Donc go, on lance l’opération.
Début avril, nous recevons le bon de livraison signé par L’Oréal. Je le transfère à ma banque (CIC). Pas de réponse. 2 jours après, je reçois un appel d’un conseiller. Ma conseillère a été mutée. Il la remplace.
Et il refuse le deal.
15 jours horribles… On était proches du dépôt de bilan (chéquier bloqué, cartes gelées, découvert de 150k€…). Finalement L’Oréal nous a payé l’ensemble des sommes dues (moins un escompte de 3%) et nous avons pu nous relever.
Toute l’histoire à retrouver ici.

Conclusion : Demander à noter par écrit tous les accords avec son banquier !
Il y a un turn-over assez fort et la mémoire des banquiers est inexistante !

2) Faire confiance à OSEO
Trop pressé.
Jeune, j’ai accepté 2 prêts bancaires avec caution personnelle de 30% (et une caution OSEO de 70%).
Enfin, c’est ce que mon conseiller m’avait dit.
Sauf que je n’avais pas bien lu mon contrat :
1) la caution n’était pas proportionnelle mais fixe (fixée à 30% du montant de l’emprunt, soit 12k€ pour un emprunt de 40k€). Donc s’il ne reste plus que 10k€ à rembourser, vous êtes caution à 100%.
2) OSEO n’intervient qu’en cas de « liquidation » personnelle. C’est un statut pas très marrant et très pénalisant si on veut redémarrer une boîte… Donc, en gros, OSEO n’intervient presque jamais !
Toute l’histoire est à retrouver ici et ici.

Conclusion : Ne jamais (dans la mesure du possible) signer de caution perso !

3) Oublier de mettre de côté les charges TNS
La spéciale « jeune » entrepreneur.
Je n’avais pas vraiment oublié que je devais payer ces charges TNS… Mais c’est juste que nous avions besoin des montants mis de côté pour acheter du stock et faire vivre Lucyf’Hair. Donc nous avons dépensés les sommes qui sont réclamées par l’URSSAF 2 ans après les premières rémunérations. Et quand la demande de règlement tombe… ça fait mal !

Conclusion : Il faut anticiper 2 choses : insérer dans le bilan les charges liées à ces rémunérations (même si elles ne sont pas demandées tout de suite) et prévoir la trésorerie nécessaire pour les payer…

4) Oublier les amortissements
La boulette.
Pour Sydo, j’ai essayé d’avoir une gestion financière plus stricte. C’était plus facile parce que c’était du service. L’objectif est d’assurer un résultat net proche de 6% tous les ans. En 2010, je pensais y être… Sauf que j’avais oublié les amortissements dans mon calcul ! Et nous avions acheté pas mal d’ordis. Je m’attendais à un résultat de l’ordre de +20k€. Nous avons fini avec +3k€. Pas très glorieux…

Conclusion : Faire un point semestriel (ou trimestriel) « complet » avec son expert-comptable.
Ça évite les mauvaises surprises et permet de ré-ajuster…

5) Imaginer que je pouvais facilement me rembourser mon compte courant
L’utopiste.
Pendant l’aventure Lucyf’Hair, je me suis peu payé. Et j’ai beaucoup prêté à l’entreprise, car j’étais certain de son succès. A la fin, j’avais un compte courant de près de 30k€ (notes de frais non remboursées, rémus non versées, avances pour combler les trous de tréso…).
Malheureusement, face à de trop nombreuses difficultés financières, nous avons liquidé LucyfHair en juin 2009. Lorsqu’un repreneur a mis 40k€ sur la table pour reprendre l’activité… J’espérais pouvoir récupérer un peu de mon compte courant. Mais j’étais bien naïf ! Je n’étais pas prioritaire pour être remboursé. Et je n’ai rien touché.

Conclusion : Ne pas prêter trop d’argent à son entreprise… Ce n’est pas le rôle du dirigeant !

Et vous, quelles sont vos plus belles boulettes en tant que responsable financier de votre startup ?

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