Learn Assembly

[INTERVIEW] Antoine, l’école et l’entrepreneuriat

on juillet 22 | in Mes projets "entrepreneuriat" | by | with No Comments

2ème interview de ma série sur « l’école et l’entrepreneuriat » : Antoine Amiel.
Si vous voulez participer à cette série, envoyez-moi vos coordonnées !

1) Bonjour Antoine, peux-tu te présenter ?

Je suis le fondateur de LearnAssembly, une plateforme dont la mission est de démocratiser l’accès à l’entrepreneuriat et à la culture web, en organisant des cours, des conférences, des vidéos pédagogiques et des Moocs d’entreprises, grâce à un réseau de près de 300 experts. Je suis aussi formateur, bloggeur et journaliste free-lance sur les sujets de la formation professionnelle, de l’entrepreneuriat de transformation digitale.

2) Lors de notre échange, tu m’as dit “Ce n’est pas mon école de commerce qui m’a donné envie de créer une entreprise”. Tu peux nous en dire plus ?

J’ai toujours eu envie d’être libre, indépendant, à l’initiative. Nous vivons dans une époque ou prendre des initiatives et les mener à bien est tout à fait possible, plus qu’il y a quelques dizaines d’années, voire même 10 ans. Il y a moins de barrières à l’entrée capitalistiques, et le Web permet un accès rapide et massif à une information de qualité, quand on sait ou la trouver et comment la filtrer. L’école de commerce m’a mis dans le bain mais la motivation est plus profonde.

3) Pourquoi les écoles de commerce ne savent-elles pas former à l’entrepreneuriat ?

Les écoles de commerce ne font que reproduire les attentes des entreprises depuis les Trente Glorieuses, c’est-à-dire des profils efficaces, structurés, opérationnels mais pas toujours créatifs et orientés vers la collaboration et l’agilité. Et les classements internationaux dépendent largement du salaire à la sortie, un critère qui ne correspond pas à l’entrepreneuriat. Cela dit, l’entrepreneuriat commence à être valorisé car il y a un vrai volontarisme, notamment avec le programme Pépite, des incubateurs d’école, le statut d’étudiant-entrepreneur. Et puis le diplôme n’est plus aussi puissant qu’avant à cause de la crise. Maintenant, on doit se battre pour trouver du travail. Et puis les jeunes veulent avoir un travail qui a du sens. Beaucoup trop de gens s’ennuient au travail, malgré un bon salaire. Toutes ces raisons incitent les jeunes à découvrir la création d’entreprise par eux-mêmes s’ils ne trouvent pas de réponses à leurs questions au sein de l’école.
Je fais souvent des petites sessions de sensibilisation à l’entrepreneuriat et elles touchent de plus en plus d’étudiants. Mais il y a souvent un hiatus entre la volonté affichée et la culture du monde universitaire.

5) Comment imagines la formation/l’enseignement de demain ?

Il y a l’école que j’imagine et l’école telle que j’imagine qu’elle va être, et ce n’est pas du tout la même chose !
L’école de mes rêves est un incubateur de projets et de personnalités, avec une large part de cours facultatifs et pluridisciplinaires en licence, puis des choses très opérationnelles suivies par un mentor ensuite. L’évaluation reposera sur la capacité à produire et non pas à recracher le contenu du cours. L’écriture des rapports de stages et d’un mémoire serait supprimée car pourquoi écrire 200 pages que 5 personnes vont lire au lieu d’en faire un blog, un livre ou tout simplement son métier ? Enfin, les étudiants choisiront moins leurs études en fonction de la perception d’un statut social mais bien de choix personnels.
L’école telle que j’imagine qu’elle sera est une école à deux vitesses, avec des étudiants  livrés à eux-mêmes, qui ont tous des jobs à côté pour financer des logements de 8m2 à 600€/mois et un emprunt étudiant.

6) As-tu un conseil pour les entrepreneurs en herbe ?

Ne surtout pas être trop pressé. Quand on crée une startup jeune, à moins de 25 ans, on ne connait rien aux pratiques professionnelles, rien à son marché, rien au développement commercial, à la communication, etc. Quand j’ai créé LearnAssembly j’étais très jeune et j’ai fait pas mal d’erreurs. Il faut donc prendre le temps d’apprendre quitte à galérer. Je trouve qu’on valorise trop le mythe de la croissance ultra-rapide. Dans la pratique, les vraies entreprises se développement au minimum sur 5 ou 10 ans. Dans mon cas, je vends aujourd’hui des prestations et des missions sur des sujets dont j’ignorais tout simplement l’existence il y a deux ans ! Il faut donc s’entourer, écouter, assimiler, produire, se prendre des gamelles, recommencer: fonctionner par itération et remise en question permanente, tout en se projetant dans le futur. Il faut être dans un état d’esprit de construction plus que de vente.

Merci Antoine pour tes réponses !

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