clarence thiery ted

[INTERVIEW] Clarence, l’école et l’entrepreneuriat

on juillet 25 | in Mes projets "entrepreneuriat" | by | with No Comments

4ème interview de ma série sur « l’école et l’entrepreneuriat » avec la participation de Clarence Thiery.
Si vous voulez participer à cette série, envoyez-moi vos coordonnées !

1) Bonjour Clarence, peux-tu te présenter ?

J’ai 29 ans, je dirige la société Sydo, qui est une société de conseil en pédagogie, créée il y a 6 ans. Nous sommes une équipe de 12 personnes. Nous aidons les entreprises à mieux former et à mieux se faire comprendre en repensant leurs formations et leurs outils pédagogiques. J’ai fait une école de commerce à Lyon, l’ESDES, que j’ai complétée par un mastère en entrepreneuriat à l’EMLyon.

2) Tu m’as dit que ton stage dans une grande entreprise avait été un révélateur pour toi. Après cette expérience, tu n’imaginais plus être une salariée traditionnelle… Tu voulais créer ta propre entreprise ! Pourquoi ?

A la fin de l’ESDES, j’avais, comme tout le monde, un stage de fin d’études à réaliser.
Ce stage est souvent une très bonne opportunité pour trouver un premier emploi. Il a été pour moi une très bonne opportunité pour savoir que je ne chercherai plus jamais un emploi salarié !
J’ai en effet découvert le monde des grandes entreprises dans lequel on ne comprend pas vraiment ce qu’on fait, comment les décisions sont prises, on ne doit pas remettre en question la parole brillantissime du N+1, +2, +85…, on fait des trucs stupides, tout le monde le sait, mais on n’y peut rien, ce sont les process…
Bref, j’ai vite compris que si je restais trop longtemps dans ce monde dénué de tout sens logique, je serais malheureuse comme les pierres. Alors, je me suis dit qu’une petite entreprise correspondrait davantage à ma personnalité.
Et quitte à travailler dans une petite entreprise, autant que ce soit la mienne ! J’ai donc profité de ce stage pour préparer un concours afin d’intégrer un mastère en entrepreneuriat.

3) Qu’as-tu retenu de ce mastère ?

Ce mastère m’a surtout permis de me plonger dans le monde mystérieux de l’entrepreneuriat. Je ne savais, jusqu’à ce mastère rien du tout de ce monde là qui me semblait, à l’époque, réservé aux autres.
J’ai pris conscience grâce à ce mastère que ce n’était peut-être pas si compliqué, que c’était accessible à tous si on en avait l’envie.
J’ai été amenée à rencontrer de nombreux entrepreneurs qui m’ont raconté leurs échecs et leurs réussites. J’ai été amenée à créer un vrai projet avec une vraie équipe et je me suis rendue compte que de toute façon il n’y avait pas de théorie toute faite ni de grandes études à faire pour que ça fonctionne.
Il faut surtout du bon sens et un peu de chance !

4) J’ai cru comprendre que tu avais eu un parcours scolaire assez compliqué. Tu n’aimais pas l’école ?

C’est pas tellement l’école que je n’aimais pas, c’est surtout les enseignants avec qui j’avais un problème.
Je ne comprenais pas pourquoi ils arrivaient à me faire détester autant ce qu’ils enseignaient. J’étais donc très critique et je ne m’en cachais pas, ce qui m’a valu quelques déboires…
Avec le recul, je comprends un peu mieux : ils ne sont pas du tout formés à transmettre, ils font comme ils peuvent mais ils finissent par s’épuiser, perdent la vocation (pour ceux qui en ont eu une) et surtout on ne leur apprend pas comment susciter la curiosité de leurs élèves.

5) En tant que dirigeante d’une petite entreprise, comment imagines-tu la formation/l’enseignement de l’entrepreneuriat demain ?

Pour moi, la meilleure façon d’apprendre l’entrepreneuriat c’est de se jeter à l’eau.
Il faut comprendre qu’il n’y a pas de recettes miracles. A partir de là, il faut se faire confiance, essayer des choses et prendre du plaisir.
Contrairement à ce que l’on pourrait imaginer, les écoles de commerce ne forment pas vraiment à l’entrepreneuriat, nous sommes formés à être des cadres dirigeants, on nous apprend à travailler sur des cas pratiques complexes de grandes entreprises mais qui ne sont pas du tout adaptés à des petites structures. Ce que je trouve dommage, c’est qu’on ne nous apprenne pas également les bases de gestion d’une TPE, notamment comment suivre sa trésorerie, ce qu’on doit faire quand on a premier salarié, etc.

6) As-tu un conseil pour les entrepreneurs en herbe ?

Mon premier conseil c’est de prendre confiance en soi et ne pas imaginer que pour entreprendre il faut être énarque.
Savoir se faire confiance permet également de ne pas avoir peur d’aller voir ses premiers prospects, de confronter son projet avec son marché. D’ailleurs, pour moi, il ne faut surtout pas perdre trop de temps à avoir une idée ultra précise de ce qu’on propose au départ, les clients eux-mêmes nous donnent petit à petit les axes à privilégier.

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