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[INTERVIEW] Ramzi, l’école et l’entrepreneuriat

on juillet 21 | in Mes projets "entrepreneuriat" | by | with No Comments

Dernièrement, j’au un peu de mal à écrire sur mon blog… Vous avez dû le remarquer !
Alors pour ne pas le laisser à l’abandon, je démarre une série d’interviews sur « l’école et l’entrepreneuriat ».
Et mon 1er interviewé est mon collègue Ramzi.

1) Bonjour Ramzi, peux-tu te présenter ?
Bonjour, alors j’ai 28 ans, je finis tout juste un master 2 à dominante entrepreneuriale dans une école de commerce. J’ai repris mes études après avoir exercé en tant que banquier (on fait tous des erreurs !).
J’aime la science, le savoir, les sports de glisse et la bonne bière.
Je déteste l’ingratitude et la fin du tube de dentifrice.

2) Après plusieurs années en banque, tu as souhaité reprendre les études : un passage obligatoire pour évoluer en entreprise ?
Malheureusement oui.
Les banques se basent sur le niveau d’étude pour l’attribution des postes à responsabilité et le calcul du salaire.
Un jeune diplômé BAC + 5 (peu importe sa filière) se verra confier un poste de direction d’agence ou y accédera très vite. Un bachelier mettra toute sa carrière à atteindre ce poste (s’il y arrive un jour).
Cela crée des déséquilibres énormes : le conseiller d’accueil est bien plus âgé, qualifié et moins payé que le jeune directeur d’agence parachuté à ce poste.

3) Sans dévoiler de secret, tu m’as dit que ton rêve était de créer ton entreprise. C’est ton école qui t’a donné envie ?
Non, l’école m’en a découragé… J’ai choisi un programme entrepreneurial pour bénéficier d’outils concrets, d’appui, d’expérience et surtout d’encouragements vers cette voie. Je n’y ai trouvé que des mises en gardes, du jugement subjectif quant à la qualité du projet, et aucun accompagnement.
On appelle ça le « learning by doing ». C’est bien beau, mais dans ce cas pourquoi aller à l’école ?

Mon rêve de création d’entreprise vient de 3 facteurs :
– Me créer de la richesse plutôt que de la créer pour quelqu’un d’autre,
– Etre autonome,
– Voir fièrement mon projet grandir.
Je pense qu’il y a aussi une part d’orgueil.

4) Aujourd’hui, tu fais ton stage en startup. Par rapport à ce que tu as appris à l’école, qu’est-ce qui t’a surpris ?
C’est le jour et la nuit !
La vraie différence c’est qu’à l’école on passe énormément de temps à étudier la viabilité d’un projet à partir de critères subjectifs, bancals et complètement hasardeux. Puis, on en tire de grandes conclusions mathématiques, statistiques etc :  c’est du vent ! Et surtout, on réfléchit par les risques, encore les risques et toujours les risques. De quoi décourager le plus motivé des créateurs.

En startup, on CROIT en son projet, on vit son projet, on le défend, on fait du bruit autour, on a cet espoir de le voir grandir, cette conviction de le voir réussir !
Les investisseurs ne misent pas uniquement sur un projet mais beaucoup sur l’entrepreneur qui le porte, son optimisme, sa vision des choses.

Arrêtons de castrer les ambitions des jeunes entrepreneurs en broyant du noir à chaque fois qu’il s’agit de prendre un risque et allons-y !
Grâce à ce stage j’ai pu découvrir un bon nombre de beaux projets qui fonctionnent, qui prennent de l’ampleur. Si ces créateurs avaient demandé l’avis de leurs professeurs, pas sûr qu’ils auraient créé l’entreprise et ça aurait été un beau gâchis.
Je me montre, certes, critique vis-à-vis des sections entrepreneuriales à l’école. Mais j’ai démarré ma scolarité ultra motivé et plein d’espoir.
J’en suis ressorti dépité, découragé… C’est dommage.

5) Après cette expérience, comment imagines-tu la formation/l’enseignement de l’entrepreneuriat demain ?
Un mec connu a dit un jour : « I have a dream ».
Le mien, c’est d’avoir des sections entrepreneuriales dignes de ce nom, c’est-à-dire qu’on évalue les projets de manière factuelle et pas sur des critères tels que « c’est pas sérieux » ou « personne n’achètera ça » ou encore « c’est génial », des critères uniquement basés sur la perception de 3 membres d’un jury.

Le plus important, ce n’est pas de donner son avis sur un projet mais d’accompagner un créateur vers l’éclosion de son projet, l’encourager, le conseiller.
Enfin, j’imagine l’enseignement entrepreneurial complet avec un accompagnement pour monter le projet concrètement et pouvoir dire, comme l’a dit un autre mec connu : « he’s alive ! ».

6) As-tu un conseil pour les entrepreneurs en herbe ?
Je leur dirais : allez-y ! Foncez !
N’écoutez pas les gens qui disent « c’est risqué quand même » ou « et si ça marche pas tu vas faire quoi? ».
C’est tellement gratifiant d’être à l’initiative d’un projet et de le voir se concrétiser que le risque vaut largement le coup d’être pris.
Un autre conseil serait de faire un stage en startup !
Moi cela m’a redonné goût et l’envie d’entreprendre et ça m’a démontré que je pouvais le faire !

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