damien peschet

[INTERVIEW] Damien, l’école et l’entrepreneuriat

on août 19 | in Mes conseils | by | with No Comments

5ème interview de ma série sur « l’école et l’entrepreneuriat » avec la participation de Damien Peschet.
Si vous voulez participer à cette série, envoyez-moi vos coordonnées !

1) Bonjour Damien, peux-tu te présenter ?

Je m’appelle Damien Peschet, j’ai 32 ans, je suis le co-fondateur de la société Nware, SSII spécialisée dans les métiers de l’infrastructure informatique. Notre entreprise a été fondée en 2008 et compte aujourd’hui une centaine de collaborateurs.

2) Tu m’as dit que ton parcours scolaire n’avait rien d’un parcours de santé. Les profs te reprochaient quoi ?

C’est le moins que l’on puisse dire oui :), à vrai dire les professeurs en général me reprochaient mon insolence et une tendance certaine à la rébellion.
Ce qui est dommage, c’est que cette attitude a souvent nui à mes résultats scolaires. Par exemple, certains de mes profs ont dit que mon travail aurait mérité une meilleure note mais qu’eu égard à mes frasques, je devrai me contenter de cette note. Heureusement qu’il restait les matières scientifiques car dans ce cas précis, il n’y avait pas de place pour le subjectif.
En toute honnêteté, je pense que j’avais un problème avec l’autorité en général.

3) Finalement, créer ton entreprise était un moyen de prouver que tu n’étais pas qu’un étudiant moyen ?

Je n’avais jamais réellement pensé à créer mon entreprise, je suis d’une génération et d’un milieu où l’on encourageait assez peu ce genre d’initiative. Le parcours auquel on me destinait était celui de salarié. Le hasard des rencontres a fait que j’ai croisé mon associé qui a eu un parcours un peu similaire au mien.
Ensemble on s’est dit que nous serions plus fort et nous nous sommes lancés.

Je pense être un étudiant « moyen » dans le système pédagogique actuel, de toute évidence je n’aurai jamais eu un grand parcours universitaire mais j’ai toujours eu en moi l’envie de créer quelque chose et de donner du sens à mon quotidien. L’entrepreneuriat s’est alors imposé comme une réponse assez limpide à mes yeux.

Avant de prouver aux autres, j’ai eu envie de me prouver qu’on pouvait casser les codes et ne pas toujours suivre la voie qu’on nous trace. Avec le recul, je me dis parfois que je devrais rendre visite à certains de mes anciens profs qui ont parfois eu un jugement assez dur, je crois avant tout qu’ils rejetaient leur propre frustration sur moi. Heureusement j’ai eu la chance de croiser de vraies pépites de l’enseignement qui m’ont beaucoup aidé à croire en moi et qui m’ont conseillé de ne pas toujours écouté les autres et de s’écouter d’abord soi même. J’ai un profond respect pour ces enseignants qui peuvent réellement changer le destin de gamins un peu paumés.

4) Comment t’es-tu formé aux principes de base de l’entrepreneuriat ? Ta formation scolaire a-t-elle été utile ?

Je suis un pur autodidacte de l’entrepreneuriat, je n’avais aucune formation lorsque je me suis lancé. Mon associé avait déjà eu une courte expérience auparavant et cela nous a suffi à nous sentir prêts.

Je pense que nous étions un peu inconscients, mais n’est-ce pas la base pour devenir chef d’entreprise ?

De fait, les premiers mois ont été complètement gérés à l’instinct et parfois en dépit du bon sens 🙂 mais cela fait également partie de l’apprentissage, et aucun bouquin ne saurait remplacer cette expérience.
Par la suite j’ai commencé à étudier les grands principes de base de la gestion d’entreprise (compta, finance etc), même si cela n’est pas vraiment ma tasse de thé. Cela me suffit pour piloter l’entreprise mais je laisse également beaucoup de place à l’humain et je tiens absolument à ne pas laisser trop de place au pilotage « Excel ».

Si ma formation scolaire m’a été utile ? Je sais au moins lire et écrire c’est la base…. Plus sérieusement j’imagine que la capacité d’apprentissage nous est forgée tout au long de notre parcours scolaire. Dès lors l’idée n’est pas forcément de sortir de l’école avec une valise de diplômes mais plutôt avec une démarche d’apprentissage qui nous sera utile tout au long de notre vie.

5) Comment imagines-tu la formation/l’enseignement de l’entrepreneuriat demain ?

En tout premier lieu je regrette que l’entrepreneuriat ne soit enseigné qu’à partir des études supérieures et principalement dans les écoles de commerce. Je me souviens qu’en classe de 3ème, notre conseiller d’orientation nous a reçus individuellement pour nous demander ce que nous voulions faire de notre vie. J’ai trouvé cela à l’époque très « violent » car je n’en n’avais aucune idée. Mais j’avais l’impression que ma réponse allait conditionner le reste de mon parcours.

Peut être qu’à cette époque, une sensibilisation aux métiers de entrepreneuriat m’aurait permis de trouver ma voie plus rapidement et dès lors entamer un parcours scolaire en ce sens.
Je pense que cette sensibilisation doit intervenir très tôt dans le parcours scolaire, dès le collège a minima. Bien sûr, il ne s’agit pas d’analyser des bilans comptables mais simplement de faire comprendre aux élèves qu’ils ont la possibilité de créer leur propre entreprise et leur propre job ! D’un point de vue plus technique, j’imagine que les élèves de lycée sont suffisamment matures pour commencer à apprendre les rudiments de la gestion d’entreprise et les aspects juridiques. Il appartiendra ensuite à chacun d’entre eux de persévérer ou non dans cette voie.

Par ailleurs, la formation des adultes ne doit pas être sous estimée, de nombreux salariés souhaiteraient créer leurs « boites » mais ne le font pas par manque de compétence et de confiance en eux. La formation professionnelle doit servir à cela mais il existe encore trop peu de structures d’accueil. Il en va de même pour les « décrocheurs » du système scolaire pour qui il n’existe quasiment aucune voie de formation alors que dans la plupart des cas il s’agit de personnalités qui ont une résistance au stress assez hors du commun pour supporter leur quotidien. Que de talents gâchés !

6) As-tu un conseil pour les entrepreneurs en herbe ?

Mon principal conseil serait de ne pas écouter tous ceux qui tenteront de les décourager dans leur aventure. j’ai trop entendu « Ne fais pas ça, pauvre fou ! », « dans le contexte actuel, c’est insensé ! », « comment tu vas faire si ça ne marche pas ? ».

Peu importe l’issue, l’aventure de l’entreprise nous apprend beaucoup sur nous même et sur les autres, et rien que pour cela, le jeu en vaut la chandelle!
Pour le reste, faites-vous confiance!

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